LA BREBIS GALEUSE
Une brebis, n’ayant connu d’espace,
que celui de son enclos,
trouva bien des défauts à sa race,
les jugea « pas comme il faut ».
Gambadant, sautillant,
elle partit, loin du troupeau ,
à travers, monts, cols et prairies,
de pâturages à points d’eau.
Elle marcha longtemps et de plus en plus loin,
évitant, isards, biches et chevreaux,
de « bêlements », elle ne voulait point,
elle en avait entendu de trop.
N’ayant connu d’autres bêtes,
que, les volailles, les minets et les cabots,
elle trouva fort belle la belette,
et ô combien mignon, le blaireau.
Ecureuils et singes acrobates agiles,
s’avèrent maîtres des arbres si hauts,
les serpents et les crocodiles,
n’ont rien à envier aux anguilles et cachalots.
Ainsi dans ces mondes si diversifiés,
poussent, divers végétaux,
de familles d’espèces variées,
des mousses aux arbres colossaux.
Notre amie enivrée par tant de luxures,
ne se contenta pas de luzerne et de bouleau,
elle adopta fière allure,
et dédaigna de se coucher tôt.
Des hurlements, de loups et de chacals
qui dans la nuit se font échos,
elle en rit pas mal ;
elle connaît ceux des chiens depuis le berceau.
C’est ainsi en vaniteuse,
méprisant les griffes et les crocs,
que la brebis galeuse,
régala de ses chairs des « animaux ».

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